Selon les régions et les cultures, on a défini le début du jour comme le moment où le soleil se lève ou bien celui où il se couche. Les heures comptées à partir du lever sont appelées « heures babyloniques ». Elles étaient en vigueur chez les Chaldéens, les Egyptiens et les Grecs, notamment. On appelle les heures comptées à partir du coucher du soleil « heures italiques ». C’était la pratique chez les Chinois, les Hébreux, les Romains par exemple.
On peut trouver naturel de commencer les heures avec le lever du soleil. Mais cela pose un problème : il sera « midi » vers 4 heures en hiver et vers 6 heures en été (à Paris, le Soleil se lève vers 8h40 le 21 décembre et à 5h47 le 21 juin). Pas très pratique…
Les heures italiques peuvent paraitre moins intuitives. En fait, elles présentent un avantage pratique, car elles permettent de savoir combien de temps il reste jusqu’au coucher du Soleil, qui arrivera à la 24e heure. Ainsi, s’il est 20 heures, le soleil se couche dans 4 heures. On sait combien il reste de temps pour effectuer les travaux d’extérieur. Et ceci est vrai qu’on soit en été ou en hiver, puisqu’on a commencé à compter à partir du coucher précédent et que la durée du jour varie assez peu d’un jour à l’autre. Dans certains pays, on comptait même les heures à l’envers de 24 à 1 (au lieu de 1 à 24), ce qui évitait de faire la soustraction de 24.
Mais ces méthodes ont quand même un défaut : le jour n’a pas une durée constante selon les saisons et la durée entre midi et le lever ou le coucher du Soleil est variable. Or, la seule chose objectivement observable et (relativement) stable est le passage du Soleil au méridien du lieu : midi solaire vrai.
Un bon compromis consiste donc à mesurer le midi solaire vrai et compter le jour à partir de 12 heures plus tôt (minuit), de façon à ne pas avoir à changer de jour en pleine journée. C’est ce sur quoi la pratique s’est établie.